Ce dispositif est d’ordre fiscal. Les personnes intĂ©ressĂ©es par ce rĂ©gime doivent s’immatriculer auprès du Centre de formalitĂ©s des entreprises (CFE) compĂ©tent en qualitĂ© de travailleur indĂ©pendant, et doivent cotiser au rĂ©gime social des travailleurs non-salariĂ©s. En effet, selon l’Urssaf, est travailleur indĂ©pendant, toute personne physique qui exerce une activitĂ© professionnelle non salariĂ©e non agricole, aussi rĂ©duite soit-elle, et quel que soit le montant des revenus qu’elle lui procure (mĂŞme si elle exerce par ailleurs une activitĂ© salariĂ©e).
Entreprises concernées
Les entreprises individuelles dont le chiffre d’affaires annuel n’excède pas :
- 80 000 euros HT pour les exploitants dont le commerce principal est de vendre des marchandises, des objets, des fournitures et des denrĂ©es Ă emporter ou Ă consommer sur place ou de fournir un logement (hĂ´tellerie, locations de meublĂ©s…).
- 32 000 euros HT pour les autres prestataires de services relevant des BIC et les professionnels relevant des BNC.
ActivitĂ©s mixtes : lorsque l’activitĂ© de l’entreprise se rattache aux deux catĂ©gories dĂ©finies ci-dessus, le rĂ©gime micro n’est applicable que si son CA HT global annuel n’excède pas 80 000 euros et si le CA HT annuel affĂ©rent aux activitĂ©s de la deuxième catĂ©gorie ne dĂ©passe pas 32 000 euros.
Les entreprises relevant du secteur du bâtiment et certains artisans entrent dans cette catĂ©gorie lorsqu’ils fournissent les matĂ©riaux entrant Ă titre principal dans l’ouvrage Ă exĂ©cuter : maçons, menuisiers, peintres, Ă©bĂ©niste… (rĂ©ponse ministĂ©rielle du 24 mars 2003 n° 6659).
Par contre, lorsque l’entrepreneur ne fournit que des produits accessoires, il relève de la limite de 32 000 euros : cordonniers, teinturiers, blanchisseurs, imprimeurs ne fournissant pas le papier…
Ces entreprises doivent par ailleurs bénéficier de la franchise en base de TVA ou être exonérées de TVA au titre de leur activité.
L’option expresse pour le paiement de la TVA entraĂ®ne donc l’exclusion de ce rĂ©gime.
Quelles sont les entreprises et activités exclues de ce régime ?
- les sociétés,
- les organismes sans but lucratif,
- les marchands de biens, les lotisseurs et agents immobiliers,
- certains constructeurs,
- les opĂ©rations de location de matĂ©riels ou biens de consommation durable, sauf lorsqu’elles prĂ©sentent un caractère accessoire et connexe,
- les opérations sur marchés financiers,
- les officiers publics et ministériels.
Comment sont appréciées ces limites de 80 000 et 32 000 euros ?
- BNC : recettes perçues au cours de l’annĂ©e.
- BIC : la limite s’apprĂ©cie par rapport Ă l’ensemble des recettes correspondant aux crĂ©ances acquises. Toutefois, les intĂ©ressĂ©s peuvent prendre en compte uniquement les recettes effectivement perçues (comme en matière de BNC) Ă condition de procĂ©der de la mĂŞme manière tous les ans.
Ces limites doivent ĂŞtre ajustĂ©es lorsque l’activitĂ© commence ou cesse en cours d’annĂ©e (Ă l’exception des entreprises intermittentes ou dites “saisonnières”).
Le seuil de chiffre d’affaires doit ĂŞtre ajustĂ© au prorata du temps d’exercice de l’activitĂ©, si vous crĂ©ez votre entreprise au cours de l’annĂ©e.
Par exemple, un consultant qui dĂ©bute son activitĂ© le 1er avril 2008 sous la forme juridique d’entreprise individuelle, ne pourra bĂ©nĂ©ficier du rĂ©gime de la micro-entreprise au titre de l’annĂ©e 2008 que si ses recettes n’excèdent pas : (32 000 x 275 jours) / 365 jours = 24109.58 euros.
Que se passe-t-il en cas de dĂ©passement de ces seuils en cours d’annĂ©e ?
L’entreprise reste placĂ©e sous le rĂ©gime de la micro-entreprise l’annĂ©e en cours et l’annĂ©e suivante si son chiffre d’affaires ne dĂ©passe pas :-
- 88 000 euros pour les livraisons de biens, les ventes Ă emporter ou Ă consommer sur place ou les prestations d’hĂ©bergement,
- 34 000 euros pour les autres prestations de services.
Pendant cette période de tolérance :
- l’abattement reprĂ©sentatif des frais professionnels s’applique sur la totalitĂ© du chiffre d’affaires de l’entreprise, y compris sur la partie excĂ©dentaire,
- en cas de dĂ©passement des seuils de 84 000 euros ou de 30 500 euros, l’entreprise perd le bĂ©nĂ©fice de la franchise en base de TVA, et donc du rĂ©gime de la micro-entreprise Ă compter du 1er jour du mois de dĂ©passement.
Le rĂ©gime fiscal applicable Ă l’entreprise après cette pĂ©riode de tolĂ©rance va dĂ©pendre du chiffre d’affaires qu’elle va rĂ©aliser l’annĂ©e suivant le dĂ©passement des seuils de 80 000 ou 32 000 euros :
- si son chiffre d’affaires est infĂ©rieur Ă 80 000 ou 32 000 euros, l’entreprise sera toujours soumise au rĂ©gime de la micro-entreprise Ă compter du 1er janvier de l’annĂ©e suivante,
- si son chiffre d’affaires est supĂ©rieur Ă 80 000 ou 32 000 euros, l’entreprise bascule au rĂ©gime rĂ©el d’imposition Ă compter du 1er janvier de l’annĂ©e suivante.
Exemple : au cours de l’annĂ©e 2008, un artisan rĂ©alise des prestations de services pour un montant global de 28 500 euros.
Il restera placĂ© sous le rĂ©gime de la micro-entreprise pour la fin de l’annĂ©e 2008 et l’annĂ©e 2009 si son chiffre d’affaires au cours de ces deux annĂ©es ne dĂ©passe pas 34 000 euros.
En 2010, l’artisan sera imposĂ© selon le rĂ©gime fiscal :
- de la micro-entreprise si son chiffre d’affaires dĂ©gagĂ© en 2009 n’excède pas 32 000 euros,
- du rĂ©el d’imposition si son chiffre d’affaires dĂ©gagĂ© en 2009 excède 32 000 euros.
Principes de ce régime
L’entrepreneur ne facture pas de TVA, mais attention, il ne rĂ©cupère pas non plus la TVA acquittĂ©e sur ses propres achats ou investissements.
En effet, pour ĂŞtre placĂ© sous le rĂ©gime micro, l’entrepreneur doit, soit ĂŞtre exonĂ©rĂ© de TVA du fait de son activitĂ©, soit bĂ©nĂ©ficier de la franchise en base de TVA.
Ces personnes sont dispensĂ©es d’Ă©tablir une dĂ©claration fiscale au titre des BNC et BIC.
Il leur suffit de porter sur leur dĂ©claration d’ensemble de revenus n° 2042 le montant de leur CA (BIC) ou de leurs recettes (BNC) ainsi que les Ă©ventuelles plus ou moins-values rĂ©alisĂ©es ou subies au cours de l’annĂ©e concernĂ©e.
Elles sont seulement tenues d’indiquer sur leur dĂ©claration de revenus un certain nombre d’Ă©lĂ©ments dans la partie
« Informations gĂ©nĂ©rales » afin de permettre l’Ă©tablissement de la taxe professionnelle, notamment : leur Ă©tat civil, le numĂ©ro SIRET de leur Ă©tablissement principal, l’adresse de ce dernier, le nombre de salariĂ©s, et la nature du revenu rĂ©alisĂ© (BIC ou BNC).
Le bĂ©nĂ©fice imposable est dĂ©terminĂ© par l’administration fiscale qui applique au chiffre d’affaires dĂ©clarĂ© un abattement forfaitaire pour frais professionnels de :
- 71 % du CA pour les activitĂ©s d’achat/revente, et les activitĂ©s de fourniture de logement
- 50 % du CA pour les autres activités relevant des BIC,
- 34 % du CA pour les BNC,
avec un minimum d’abattement de 305 euros.
Ce rĂ©gime s’applique de plein droit, sauf option pour un autre rĂ©gime.
Option pour un régime réel
Une entreprise entrant dans le champ d’application du rĂ©gime micro a la possibilitĂ© d’opter pour un rĂ©gime rĂ©el avant le :
1er février de la première année au titre de laquelle elle souhaite bénéficier de ce régime si elle relève des BIC,
30 avril de l’annĂ©e suivante si elle relève des BNC (option pour le rĂ©gime de la dĂ©claration contrĂ´lĂ©e).
PrĂ©cision : les entreprises nouvelles peuvent opter pour un rĂ©gime rĂ©el d’imposition jusqu’Ă la date de dĂ©pĂ´t de leur première dĂ©claration de rĂ©sultats.
L’option est valable 2 ans tant que l’entreprise reste de façon continue dans le champ d’application du rĂ©gime micro. Elle est reconduite tacitement par pĂ©riode de 2 ans.
PrĂ©cision : si au cours de la pĂ©riode d’imposition au rĂ©gime du rĂ©el, l’entreprise rĂ©alise un chiffre d’affaires infĂ©rieur aux limites de la micro-entreprise, l’option pour le rĂ©gime du rĂ©el devient caduque. Deux cas sont alors possibles :
- soit l’entreprise “bascule” dans le rĂ©gime de la micro-entreprise au 1er janvier de l’annĂ©e suivant celle au cours de laquelle le chiffre d’affaires est devenu infĂ©rieur aux limites d’application de ce rĂ©gime si l’activitĂ© est soumise Ă TVA, ou dès l’annĂ©e du basculement si l’activitĂ© est exonĂ©rĂ©e de TVA.
- soit l’entreprise opte pour le rĂ©gime du rĂ©el simplifiĂ© avant le 1er fĂ©vrier de l’annĂ©e suivante pour une activitĂ© relevant des BIC et le 30 avril de la 2ème annĂ©e suivante pour une activitĂ© relevant des BNC. Ce rĂ©gime s’appliquera alors pour les deux annĂ©es suivantes.
Taxe professionnelle
Le rĂ©gime “micro” ne concerne que la dĂ©claration des bĂ©nĂ©fices imposables ainsi que la TVA.
Les entreprises placées sous ce régime ne sont cependant pas dispensées du paiement de la taxe professionnelle.
Elles doivent donc remplir, avant le 31 dĂ©cembre de l’annĂ©e de dĂ©but d’activitĂ©, une dĂ©claration provisoire de taxe professionnelle.
L’assiette de la taxe professionnelle est, par la suite, dĂ©terminĂ©e par l’administration fiscale au vu, notamment, des Ă©lĂ©ments mentionnĂ©s sur la dĂ©claration de revenus.
Taxe sur les salaires
Les entreprises placĂ©es sous le rĂ©gime “micro” sont exonĂ©rĂ©es de taxe sur les salaires pour les rĂ©munĂ©rations versĂ©es. En revanche, l’entrepreneur reste redevable des charges sociales dues au titre de l’embauche de salariĂ©s.
Obligations comptables
Tenue d’un livre-journal dĂ©taillant les recettes.
A noter : les entreprises peuvent enregistrer les opérations à la date figurant sur le relevé bancaire ou postal.
Pour les activitĂ©s relevant du rĂ©gime micro-BIC, tenue d’un registre rĂ©capitulatif par annĂ©e prĂ©sentant le dĂ©tail des achats (sauf pour les entreprises qui ne sont pas, de par leur activitĂ©, assujetties Ă la TVA).
Conservation de l’ensemble des factures et pièces justificatives relatives aux achats, ventes et prestations de services qu’elles ont rĂ©alisĂ©es.
A noter : les justificatifs des frais généraux accessoires ne sont pas à produire. Les frais de carburant peuvent être évalués forfaitairement selon le barème fiscal publié chaque année.
Les assujettis bĂ©nĂ©ficiant de la franchise en base de TVA doivent Ă©mettre des factures comportant la mention ” TVA non applicable, article 293 B “.
Obligations administratives
Les intĂ©ressĂ©s doivent demander leur inscription au registre du commerce et des sociĂ©tĂ©s s’ils ont la qualitĂ© de commerçant, au rĂ©pertoire des mĂ©tiers s’ils sont artisans, ou Ă l’Urssaf s’ils sont professionnels libĂ©raux indĂ©pendants (par l’intermĂ©diaire du CFE compĂ©tent).